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Funérailles nationales pour le “héros américain” John McCain

Les Etats-Unis rendaient samedi un dernier hommage au “héros américain” John McCain, lors de funerailles nationales à Washington qui concluent une semaine de cérémonies ostensiblement ignorées par le président Donald Trump.

L’ex-président démocrate Barack Obama et son prédécesseur George W. Bush doivent se succéder pour prononcer l’oraison funèbre de l’ancien sénateur républicain et ancien prisonnier de guerre au Vietnam, connu pour son anticonformisme et pour sa capacité à transgresser les clivages politiques.

L’ancien secrétaire d’Etat Henry Kissinger, 95 ans, ainsi que des amis parlementaires de John McCain doivent également s’exprimer lors de cet office qui a débuté à 10H00 locales (14H00 GMT) à la cathédrale de Washington, siège du diocèse épiscopalien et l’un des plus grands édifices religieux du pays.

M. McCain fait savoir avant sa mort qu’il ne souhaitait pas que le président Donald Trump assiste à ses obsèques, les deux hommes n’ayant jamais caché leur mépris mutuel. Pas plus que Sarah Palin, sa colistière populiste lors de l’élection présidentielle perdue de 2008, un choix qu’il avait dit regretter dans ses mémoires.

Donald Trump a délégué son plus proche collaborateur, le général John Kelly ainsi que son ministre de la Défense Jim Mattis et son conseiller à la sécurité nationale John Bolton.

La fille et conseillère du président, Ivanka Trump, était toutefois dans l’assistance avec son époux Jared Kushner. L’ex-président démocrate Bill Clinton, les anciens secrétaires d’Etat John Kerry et Madeleine Albright, le fondateur d’Amazon Jeff Bezos ainsi que l’actrice Annette Bening accompagnée de son époux Warren Beatty étaient également présents.

Turbulent et indiscipliné

Avant la cérémonie, sa veuve, Cindy McCain, avait déposé une gerbe devant le mémorial des soldats morts au Vietnam, sur le National Mall. Elle était accompagnée de Jim Mattis et John Kelly, tous deux anciens militaires.

Décédé le 25 août à 81 ans après une année de combat contre un cancer du cerveau, McCain avait minutieusement préparé cette semaine d’hommage, d’abord à Phoenix, dans son Etat d’Arizona, puis au Capitole à Washington, et enfin au cimetière de l’Académie navale d’Annapolis (Maryland, nord-est) où il sera enterré dimanche dans l’intimité familiale.

L’ancien pilote de chasse fut dans les années 50 un élève turbulent et indiscipliné de l’Académie, se signalant déjà par son anticonformisme et son franc-parler.

Aux yeux de ses amis, républicains comme démocrates, John McCain incarnait une tradition politique radicalement opposée à celle de Donald Trump. “Héros américain”, fils et petit-fils d’amiraux, il avait été prisonnier et torturé pendant la guerre du Vietnam, avant d’entamer une carrière de 35 ans au Congrès.

“Nous partagions, malgré nos différences, une fidélité à quelque chose de plus élevé, les idéaux pour lesquels des générations entières d’Américains et d’immigrés se sont battus et se sont sacrifiés”, a dit de lui Barack Obama, dont le discours devrait être le temps fort des cérémonies.

Les observateurs scruteront la tonalité de son propos: plus personnelle ou au contraire politique dans un contexte de polarisation et de divisions du pays depuis l’élection de Donald Trump.

“Une nation reconnaissante”

John McCain avait été son adversaire lors de sa première élection victorieuse en 2008. Il avait aussi sauvé sa réforme du système de santé, l’Obamacare, une dizaine d’années plus tard au Sénat, en votant contre un projet de réforme voulu par Donald Trump.

Mais c’est plus récemment qu’il avait décoché ses flèches les plus acérées contre l’actuel président, en qualifiant mi-juillet sa rencontre controversée avec Vladimir Poutine à Helsinki d'”un des pires moments de l’histoire de la présidence américaine”.

L’historien et dissident russe Vladimir Kara-Murza sera ainsi l’un des porteurs du cercueil de John McCain, grand contempteur du régime de Vladimir Poutine.

Vendredi déjà, Donald Trump s’était fait représenter par le vice-président Mike Pence pour une cérémonie d’hommages au Capitole.

“Le président m’a demandé d’être ici présent, de la part d’une nation reconnaissante”, a déclaré Mike Pence lors de son discours devant le cercueil recouvert d’un drapeau américain.

Cette cérémonie avait également été marquée par la présence, digne et stoïque, de la mère du sénateur, Roberta McCain, 106 ans. Le Capitole a indiqué que plus de 10.000 personnes étaient venus s’incliner devant sa dépouille.

Afp

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