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La justice française libère par erreur un jihadiste présumé

Un juge d’instruction a libéré par erreur un jihadiste présumé, qui se trouvait en détention provisoire. L’homme, dont le procès est prévu en novembre, est soupçonné d’être impliqué dans un projet d’attentat en 2014 à Lyon.

Un jihadiste présumé, qui se trouvait en détention provisoire avant son procès prévu en novembre, a été libéré de prison en avril après une erreur d’un juge d’instruction, a indiqué, mercredi 23 août, à l’AFP le ministère de la Justice, confirmant une information du Canard enchaîné.

Oualid B. doit être jugé à Paris aux côtés de Reda Bekhaled et de ses frères, soupçonnés d’être impliqués dans un projet d’attentat en 2014 dans la métropole lyonnaise et dans une filière d’acheminement de combattants en Syrie.

En prison depuis août 2016 selon l’hebdomadaire satirique, Oualid B. est sorti le 3 avril, un juge d’instruction ayant oublié de renouveler sa détention provisoire. Il est depuis en liberté, mais sous « contrôle judiciaire très strict », selon le ministère de la Justice.

« Dysfonctionnement grave »

La remise en liberté de Oualid B. constitue un « dysfonctionnement grave », a réagi le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux. L’affaire a eu « un retentissement très important en interne », a reconnu une source proche du dossier.

Une inspection mandatée par la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, « est en cours » pour « comprendre comment un acte ayant potentiellement des conséquences graves, eu égard au profil lourd de l’intéressé, a pu se produire », indique la Chancellerie.

Selon Le Canard enchaîné, le juge d’instruction a été convoqué par sa hiérarchie qui lui a demandé, en vain, de quitter ses fonctions. Interrogée, la présidence du tribunal de Paris n’a pas souhaité faire de commentaire. Le magistrat n’a pas pour le moment été sanctionné, selon une source proche du dossier.

Film de propagande de l’EI

En mai, Oualid B. a de nouveau été interpellé, soupçonné d’être sorti du périmètre que lui avait assigné les autorités. Selon Le Canard enchaîné, il conduisait sans permis, et son téléphone portable contenait des images de jihadistes armés et un film de propagande de l’organisation État islamique.

Jugé pour ces faits en comparution immédiate à Meaux (Seine-et-Marne), Oualid B. est ressorti libre du tribunal, alors que le parquet avait requis dix mois de détention. Le parquet a fait appel et Oualid B. sera jugé en appel le 13 septembre à Paris.

La remise en liberté de Oualid B. n’est pas le premier raté dans cette affaire. En septembre 2016, une convocation judiciaire, envoyée avec du retard, avait failli conduire à la remise en liberté d’une sœur des principaux accusés, Farida Bekhaled, mise en examen dans le même dossier pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Avec AFP