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L’Uruguay refuse l’asile à l’ex-président péruvien Garcia, soupçonné de corruption

Montevideo a annoncé lundi qu’il refusait la demande d’asile de l’ancien président péruvien Alan Garcia, réfugié depuis la mi-novembre à l’ambassade d’Uruguay à Lima après avoir été interdit de sortie du territoire le temps d’une enquête pour corruption.

Après examen du dossier, « nous n’avons pas accordé la demande d’asile », a déclaré le chef de l’Etat uruguayen Tabaré Vazquez lors d’une conférence de presse à Montevideo.

A Lima, Alan Garcia a quitté l’ambassade uruguayenne où il se trouvait depuis une quinzaine de jours, a annoncé dans la foulée le chef de la diplomatie péruvienne Néstor Popolizio.

« Je suis à mon domicile à disposition » de la justice, a fait savoir quelques heures après l’ancien chef de l’Etat dans une déclaration lue par un de ses collaborateurs.

Celui qui a présidé le Pérou à deux reprises est soupçonné d’être impliqué dans le gigantesque scandale de pots-de-vin versés dans plusieurs pays d’Amérique du Sud par le géant brésilien des travaux publics Odebrecht.

M. Garcia est plus précisément accusé d’avoir perçu de l’argent illégalement à l’occasion de la construction d’une ligne de métro dans la capitale au cours de son second mandat (2006 à 2011).

Odebrecht a reconnu avoir versé 29 millions de dollars de pots-de-vin à des officiels péruviens au cours de trois présidences.

En novembre, un tribunal de Lima avait prononcé une interdiction de sortie du territoire de 18 mois à l’encontre de l’ex-président social-démocrate, qui réside en Espagne. Il était arrivé au Pérou peu avant pour témoigner devant la justice.

La presse a en outre affirmé qu’Alan Garcia avait reçu 100.000 dollars – provenant de fonds illégaux d’Odebrecht – en paiement d’une conférence donnée devant des entrepreneurs brésiliens à Sao Paulo en mai 2012.

« J’accepte la demande d’interdiction de sortie du pays », avait déclaré Alan Garcia à des journalistes à Lima. Il avait précisé avoir chargé son avocat de communiquer sa décision « par écrit, au juge et au parquet », assurant qu’il avait déclaré l’argent reçu pour cette conférence.

Avec AFP