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Sierra Leone: Le président de la Sierra Leone lance les activités de la commission anticorruption

Le président sierra-léonais Julius Maada Bio a lancé mardi à Freetown les activités de la commission d’enquête destinée à faire la lumière sur les cas de corruption dans le pays sous le régime de son prédécesseur, Ernest Bai Koroma, une initiative dénoncée par l’ex-parti au pouvoir.

« Tous ceux qui sont appelés par la commission doivent obtempérer, quiconque refusera d’obtempérer, je le répète, fera face à la loi », a déclaré le président Bio, en fonctions depuis dix mois, lors d’une cérémonie de lancement.

Il s’était engagé lors de sa campagne à mener une lutte vigoureuse contre la corruption et le gaspillage des fonds publics. Les auditions de la commission, créée en octobre, doivent débuter le 4 février, pour une durée de six mois. Elles seront menées par trois juges, Biobele Georgewill (Nigeria), William Annan Atuguba (Ghana) et Bankole Thompson (Sierra Leone).

« Nous nous sommes préparés pour faire face à la force entière de la loi qui est meilleure que la guerre », a déclaré Alhaji Foday Yansaneh, secrétaire général de l’ex-formation au pouvoir l’APC, lors d’une conférence de presse, quelques heures après le lancement de la commission. « L’APC constate avec consternation que le président (Bio) a lancé la commission d’enquête sans prendre en compte nos préoccupations et les services de l’Etat ».

« Notre position sur la commission d’enquête reste sacro-sainte », a de son côté dit le porte-parole de l’APC, Cornelius Deveaux, estimant qu’elle est « anticonstitutionnelle ».

Les juges de la Commission doivent notamment entendre les ex-président et vice-présidents sous Koroma (septembre 2007 – avril 2018) et les chefs de départements et d’agences gouvernementales pendant cette période.

« La corruption est une menace au développement national. On ne peut pas arrêter la lutte contre (ce fléau) », a ajouté le chef de l’Etat sierra-léonais.

« La commission d’enquête n’est pas une chasse aux sorcières mais une reddition des comptes démocratiques et une lutte contre l’impunité », a déclaré le ministre de la Justice, Priscilla Schwartz, en allusion à des critiques de l’ex-pouvoir.

Plusieurs ex-responsables ont été arrêtés ces derniers mois, à la suite de la publication le 4 juillet d’un rapport accablant sur la « corruption galopante » sous l’administration Koroma.

L’économie de cette ancienne colonie britannique, gangrenée par la corruption, a été dévastée par une guerre civile (1991-2002) qui a fait quelque 120.000 morts. Elle reste fragile après les chocs de l’épidémie d’Ebola en 2014-2016 et de la chute des cours mondiaux des matières premières.

Avec AFP